Amazon conteste la création de son premier syndicat aux Etats-Unis

Faux départ pour le premier syndicat américain d’Amazon. L’entreprise de Seattle conteste le vote qui a eu lieu dans un entrepôt de New York le 1er avril, et a jusqu’aux vendridi 8 avril soir, pour soumettre ses objectsions sur le vote d’un entrepôt de New York, et 22 avril pour présenter ses preuves.

Au total, 8 325 travailleurs de l’entrepôt JFK8, situé dans le quartier de Staten Island, étaient sur la liste des votants. Appelés à voter en personne du 25 au 30 mars pour rejoindre ou non l’Amazon Labor Union (ALU), 4 852 salariés ont glissé un bulletin dans l’urne. Le oui l’a emporté à 2 654 voix contre 2 131.

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D’après des documents officiels déposés jeudi auprès de l’agence fédérale chargée du droit du travail (NLRB), Amazon a demandé plus de temps pour soumettre des objections étayées au scrutin. Le géant du commerce en ligne accused notamment des militants de l’ALU d’avoir « intimidé » des salariés.

« C’est absurde »

Dans son recours, Amazon entend développer plusieurs objects. L’entreprise considère que l’ALU a « menacé des employés pour les force à voter oui »que l’ALU a « fait campagne auprès des employés dans la file d’attente pour voter » ou les a « intimidés »et aussi que des militants de l’ALU « ont menacé des immigrants » en avançant le risque qu’ils perdent « leurs avantages sociaux s’ils ne votaient pas en faveur du syndicat ».

« C’est absurde »a réagi l’avocat Eric Milner au nom du syndicat. « Les employés se sont exprimés et leurs voix ont été entendues. Amazon choice (…) de retarder le processus pour éviter l’inévitable : la négociation d’un contrat d’entreprise ».

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Deuxième employeur aux Etats-Unis après Walmart (distribution), le groupe avait depuis sa création, en 1994, réussi à repousser les velléités des salariés souhaitant se regrouper dans le pays.

« Amazon a dépensé des millions en consultants anti-syndicats, Amazon a organisé des réunions obligatoires, Amazon s’est comporté de manière menaçante, Amazon a licencié, illégallement, des employés pour avoir tenté de se syndicaliser »ajoué Eric Milner.

Vote serré dans l’Alabama

Le Syndicat national de la distribution (RWDSU) fait des reproches similaires à Amazon dans le cadre d’un scrutin sur la syndicalisation d’un autre entrepôt, à Bessemer, dans l’Alabama. Le vote est terminé, mais pas le décompte: le non mène avec 993 bulletins, contre 875 oui, mais il reste 416 bulletins dits « disputés », qui décideront du résultat. Une audience doit décider dans les prochaines semaines si ces bulletins doivent être ouverts et pris en compte. Il pourrait ensuite y avoir d’autres recours légaux.

En attendant, le RWDSU a déjà déposé jeudi une série d’objections auprès du NLRB sur le comportement d’Amazon, qu’il accuse d’ingérence. Selon l’organisation, les manageurs d’Amazon ont, par exemple, interdit les discussions sur le vote dans l’entrepôt, ainsi que les prospectus pro-syndicats dans les espaces de repos, tout en autorisant la documentation anti-syndicats.

« L’employeur a instillé la confusion, la coercition et la peur des représailles chez les employés »affirme le RWDSU dans son communiqué.

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Dans l’Alabama, le NLRB doit organiser une audition sur ce recours du syndicat. Le vote qui s’est tenu en mars, par correspondance, a été organisé après l’annulation de celui d’il ya un an qui avait rejeté la création d’un syndicat. L’agence fédérale avait, en effet, estimé qu’Amazon avait enfreint les règles.

Le Monde et AFP

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