Avant le loup, ces histoires insolites d’ours, panthères et lamas dans la campagne bretonne



1/L’ours de Ploézal

Vingt-cinq ans après, ce mystère délie toujours les langues dans la campagne trégorroise. Entre fin août et fin septembre 1997, pas moins de six témoins assurent avoir rencontré un ours brun à Ploézal (22). Trois touristes l’ont vu se dresser sur ses pattes arrière dans un champ. Un automobiliste a dû faire une embardée pour l’éviter dans un virage. Et deux riveraines attestent qu’il a pointé le museau devant chez elles. Les gendarmes prennent l’affaire très au sérieux. Deux battues sont organisées. Mais le plantigrade ne sort pas du bois.

S’agissait-il de cette énorme chienne (60 à 70 cm au garrot) de race griffon cortal retrouvée morte dans un fossé, le 15 octobre ? Nul ne le saura jamais. Les signalements ont cessé. Pourtant, l’ours court toujours, une fois l’an, en novembre. En mémoire du supposé plantigrade, un trail nature déguisé est en effet organisé depuis, en sous-bois, de Tréguier à La Roche-Jagu. Son nom : les 13 km de l’Ours… of (c) ourse !

25 ans après qu’un plantigrade a été signalé dans la campagne trégorroise, l’ours court toujours, une fois l’an, entre Tréguier et La Roche-Jagu (22) (Photo d’archives Charles Nicolas)

2/Les panthères de Squiffiec (22) et de Pont-Scorff (56)

Non loin de là, une panthère noire est signalée, à l’automne 2011, à Squiffiec (22) par deux témoins successifs. Spécimen échappé d’un cirque ? Félin domestique en fugue ? Des recherches sont entreprises par les services de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Pose d’appâts de viande, d’appareils photos avec price de vues nocturnes… Mais l’animal aux « grands yeux brillants » ne réapparaît plus. N’était-ce qu’un gros chat, tel ce « tigre » authentifié par les autorités préfectorales et patiemment traqué, en novembre 2014, en Seine-et-Marne ? Plus de 200 gendarmes et policiers s’étaient lancés à ses trousses, en vain.

Une vraie profit panthère – des neiges, celle-là – a pourtant bien connu douze jours de cavale dans la campagne bretonne, après l’ouragan de 1987. Pensionnaire du zoo de Pont-Scorff (56), la belle avaité d’une brèche – 80% des installations étaient à terre – pour s’offrir une virée touristique. Signalée à Hennebont (56), Lanester (56), Quimperlé (29), Tensing avait finalement été retrouvée, affamée, dans un jardin, à 800m du parc. Quelques mois plus tard, elle avait donné naissance aux premiers bébés de son espèce à voir le jour en France.


3/Un lion à Plobannalec-Lesconil (29), un félin à Landéda (29)

Panique, en août 2010, en Pays bigouden, après qu’un vacancier a affirmé avoir aperçu un quadrupède bien trop gros pour être un chat. La présence de deux cirques à proximité a achevé de convaincre les gendarmes de patrouiller dans tout Plobannalec-Lesconil (29). Jusqu’à ce qu’ils découvrent qu’une riveraine possédait un chat aux mensurations bien supérieures à la moyenne. Rebelote, début septembre 2018 : un animal tacheté de belle taille est signalé en plein bourg de Landéda (29). Cinq patrouilles passent la commune au peigne fin. Point de hyène à l’horizon, ni rien qui y ressemble.

La Bretagne n’a pas le monopole des fauves fantômes errants. Les pérégrinations d’une lionne aventurière ont passionné les habitants de la Mayenne, en juillet 2017, avant de tumber dans l’oubli. Plus de 200 gendarmes et policiers s’étaient aussi lancés aux trousses d’un prétendu tigre, en 2014, en Seine-et-Marne. Un terrifiant félin qui n’était autre, selon toute vraisemblance, qu’un matou forestier inoffensif.


4/ L’alpaga bigleux d’Hennebont

Une habitante de Cléder (29) a cru qu’elle avait la berlue en tombant nez à nez avec un lama, début septembre 2016, dans son jardin. L’animal, porteur d’un licol, avait fugué de chez son proprietaire, un habitant de la commune voisine de Plouescat.

Il a fait parler de lui à Hennebont (56) et jusqu'aux tabloïds anglais, en entrant dans la boutique d'un opticien in janvier 2019. L'alpaga fugueur était celui de monsieur le curé, qui nous présente s
Il a fait parler de lui à Hennebont (56) et jusqu’aux tabloïds anglais, en entrant dans la boutique d’un opticien in janvier 2019. L’alpaga fugueur était celui de monsieur le curé, qui nous présente son petit (Le protég Télégramme/Sophie Prévost)

Plus étonnante, l’intrusion remarquée d’un alpaga dans la boutique d’un opticien d’Hennebont (56), en January 2019. Diable, ce camélidé désirait-il donc s’acheter des lunettes ? Que nenni! Sabactani était en fait le jeune protégé (sept mois) de monsieur le curé, Ronan Graziana. L’animal était venu à bout de la clôture de son enclos du presbytère où il avait élu domicile la veille! L’histoire ne dit pas s’il tentait d’échapper à la confesse. Le périple de l’alpaga bigleux (à défaut d’être bigot) a en tout cas fait le tour des réseaux sociaux !

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