Avec une croissance à 0,5 % au deuxième trimestre, l’économie française montre des capacités de résistance

En dépit des inquiétudes sur la dégradation de la situation économique mondiale, confirmée, jeudi 28 juillet, par les mauvais indicateurs americains, l’économie française fait preuve d’une certaine résistance. Au deuxième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) affiche une légère progression de 0,5%, à la suite de la baisse de 0,2% enregistrée sur les trois premiers mois de l’année. Un résultat supérieur aux attentes des conjoncturistes, qui n’espéraient guère plus de 0,2 % de hausse. « C’est une bonne nouvelle »estime Nicolas Carnot, directeur des études et synthèses économiques de l’Insee, soulignant la « resistance » de l’économie française et de ses atouts touristiques.

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« On a limité les dégâts » sur la consommation des ménages – qui représente une grosse moitié de l’activité économique du pays –, « notamment du fait du soutien public ». Après un mauvais premier trimestre, marqué par le variant Omicron, l’inflation et le choc de la guerre in Ukraine, qui avaient conduit les ménages à réduire nettement leurs achats (−1,3%), celle-ci est en faible recul de 0.2% au deuxième trimestre, la consommation de services compensant les moindres achats de biens. A la mi-2022, l’acquis de croissance en France – autrement dit, le taux de croissance qui serait atteint sur l’ensemble de l’année si la croissance était nulle sur le second semestre – atteint 2,5%, alors que la prévision annuelle établie par l’Insee s’élevait à 2,3%.

Cela dit, « il faut rester prudent pour la suite »tempère M. Carnot, « car l’horizon s’assombrit ». Le resserrement monétaire, destiné à juguler l’inflation, risque de peser sur le climat général dans les mois qui viennent, et les indicateurs de juillet montrent que la confiance des ménages est désormais « altérée », selon M. Carnot. Les Français s’inquiètent particulièrement pour leur situation financière et revoient à la baisse leurs projets d’investissements immobiliers et de gros achats. Et pour cause : selon les premières estimations, publiées vendredi 29 juillet, les prix à la consommation ont augmenté de 6,1 % sur les douze derniers mois en France, après 5,8 % en juin.

« Dynamiques qui s’équilibrent »

Cette nouvelle hausse est surtout liée à l’alimentation et aux services: les prix des produits alimentaires, à eux seuls, flambent de 6.7% sur la période, tandis que les services, restés plus stables sur’ les premiers mois de l , affichent désormais une hausse de 3.9%. « On parvient à éviter la récession grâce à la sortie des mesures restrictives liées au Covid-19, confirme Stéphane Colliac, économiste spécialiste de la France chez BNP Paribas. L’impact de l’inflation aurait justifié à lui seul un second trimestre de baisse du PIB, ce qui aurait technique placé la France en récession, mais on observe plusieurs dynamiques qui s’équilibrent. » Du côté négatif, la consommation d’énergie et celle de produits alimentaires – qui représentent pas moins d’un tiers de la consommation totalal de biens – restent orientées à la baisse.

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