Baisse de la price en charge des tests antigéniques par l’Assurance maladie : les pharmaciens en colère

Depuis le 1er avril, l’Assurance maladie paye moins les pharmaciens pour la réalisation d’un test antigénique, 16 € 50 contre 20 € auparavant. Les officines s’autorisent désormais le droit de ne pas dépister un patient.

Une decision qu’ils ont dans le nez. Depuis le 1er avril, les pharmaciens sont moins bien rémunérés pour la réalisation d’un test antigénique par l’Assurance maladie. Les dépistages en officines sont désormais pris en charge à hauteur de 16,50 euros, soit 23 % de moins qu’auparavant (20 euros). En reaction, les professionnels du secteur s’autorisent à refuser de tester certains patients, s’ils n’en ont pas les capacités. En Bourgogne-Franche-Comté, l’ensemble des membres de l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine (USPO) suivent ces préconisations.

“Chacun fait comme il peut. On a dit aux confrères de compter. S’ils ne peuvent pas continue, ils ne doivent pas se mettre en galère pour faire les tests. Devant la baisse de prix imposée par l’État, on ne veut” plus désorganiser nos pharmacies”lance Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO et égallement pharmacien à Plombières-lès-Dijon (Côte-d’Or).

Avec la baisse de la price en charge par l’Assurance maladie, les responsables d’officine ne sont plus en capacité de payer des heures supplémentaires à leurs employés ou d’embaucher de nouveaux salariés. Les établissements ne peuvent donc pas s’organiser afin de réaliser les tests antigéniques.

“On est obligé de dire non à certain personnes, on ne peut plus accepter tout le monde. On ne veut plus désorganiser nos pharmacies. Lorsqu’on avait beaucoup de tests à faire par jour, on désorganisait complètement notre dis les travail” ‘vous n’avez plus le temps pour nous écouter'”.

En novembre 2020, les dépistages réalisés en pharmacie étaient pris en charge à hauteur de 31,50 euros par l’Assurance maladie avant une première baisse le 15 février dernier puis celle du 1er avril.

Le tout dans un contexte ou le nombre de tests réalisés en France repart à la hausse. Dans le détail, 2 millions de tests ont été effectués lors de la semaine du 7 mars. On en compte 2,4 millions la semaine du 14 mars, puis respectivement 3 millions et 3,1 millions lors des deux dernières semaines.

L’USPO dénonce égallement une inégalité de traitement vis-à-vis des autres professionnels de santé. Les pharmaciens sont en effet les spécialistes les moins bien rémunérés pour réaliser les tests antigéniques avec désormais 1,90 euros de revenus par test.

Pour comparison, les infirmiers à domicile sont payés 13,40 euros et les médecins 24,90 euros pour le meme acte. Ça nous fait bondirs’emporte Pierre-Oliver Variot. Pourquoi à tâche égale, les prix ne sont pas les memes ?”.

L’État nous démobilise quelque part. On voit bien que ce qu’ils veulent au fond, c’est ne plus payer les tests. Mais qu’ils aient l’honnêteté d’arrêter la price en charge totalement et pour tout le monde alors.

Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine

Depuis le début de la crise sanitaire, les pharmaciens ont réalisé près de 90% des tests antigéniques in France. “Ils baissent les prix chez les gens qui ont font le plus. Le ministère de la Santé nous dit qu’on va pouvoir s’y retrouver parce qu’on volume fait beaucoup de. Ça ne va pas du tout!”.

Pour les pharmaciens d’officine, il est donc impensable de tenir les cadences de vaccination tout en préservant la qualité des tests réalisés avec cette baisse des prix. “Si je dois payer des gens avec la baisse de rémunération, je ne peux plus le faire. Enfin, je peux le faire en allant acheter des tests moins chers et moins fiables. Et ça ne veut pas le faire. Je ne veux pas demander lorsque je rends un résultat s’il est bon ou pas bon”.

L’USPO dénonce alors une décision anticonstitutionnelle et va déposer un recours auprès du Conseil d’État.

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