Comment le poulet a conquis le monde

Comment le pilon et le blanc ont-ils envahis nos assiettes ? D’où viennent les 80 milliards de poulets présents dans toutes les parties de la planète ? A quoi est dû l’extraordinaire succès d’une espèce dont les individus pèsent à eux seuls autant que tous les oiseaux du monde réunis ? C’est à cette délicate question que répond l’article fouillé que vient de publier les PNAS. “Nous avons revisité plus de 600 sites archéologiques dans 89 pays en ne se basant pas seulement sur l’analyse des couches géologiques donnant une date approximative des os retrouvés mais par une analyse directe par carbone 14″, explique Ophélie Lebrasseur, chercheuse au Center d’anthropobiologie et de génomiques de l’Université Paul Sabatier à Toulouse et co-auteur de l’article.

En premier lieu, ce travail règle son compte à quelques affirmations scientifiques mal étayées. Il faut dire que le sujet est ardu. L’intérêt pour les résidus d’ossements d’oiseaux présents sur les sites archéologiques est relativement récent et il ya donc peu d’éléments exploitables. La datation par l’âge des couches géologiques où sont découvertes les reliques (la taphonomie) est aléatoire et peu amener à des interprétations fausses sur les sites qui n’ont pas été fouillés finement. de plus, Gallus gallus peut facilement être confondu avec des cousins ​​de leur famille des Phasianidae comme les faisans. Enfin, l’ancêtre de nos poulets, le coq doré, provient des forêts de Thaïlande où les sites archéologiques sont rares. Malgré ces obstacles, les auteurs sont forms. La Thaïlande est bien le pays d’origine de notre Gallus gallus domesticus et parmi les espèces du genre Gallus, Gallus spadicius est, selon les analyses génétiques, bien le grand ancêtre. Exit donc les travaux datant de 1988 affirmant que le poulet provient du nord de la Chine et que sa domestication date de 8000 ans. “Il y fait bien trop froid pour cette espèce et nos analyses montrent qu’il ya eu confusion avec des faisans”, dénonce Ophélie Lebrasseur. De même, les études fixant les origines dans le sous-continent indien sont écartées du fait de conclusions hâtives provenant d’uniques examens taphonomiques.

Des squelettes retrouvés dans les tumbes de l’âge de bronze

L’équipe de chercheurs a identifié les trois seuls sites archéologiques ou la datation au carbone 14 ne laissent aucun doute. Le site néolithique de Ban Non Wat couvre ainsi une période allant de -1650 à -1250 avant notre ère, dans une région de l’est de la Thaïlande où vivent encore des coqs dorés des espèces Gallus gallus et Gallus spadicius. Plusieurs éléments plaident pour cette hypothèse. De nombreux ossements de poulets ont été retrouvés à proximité des habitations. Ensuite, des restes entiers de squelettes sont présents dans des tombes à côté d’autres animaux domestiques comme des porcs et des bovins de cet age du bronze. Deux éléments qui plaident pour une proximité forte de l’oiseau et de l’Homme. Les études affirmant qu’on retrouve le coq doré en Inde au sein de la culture Harappan du bassin de l’Indus entre -2600 et -1900 avant notre ère ne sont pas confirmées par les datations au carbone et là encore une interreur d’ des couches géologiques est mise en avant.

Le coq doré est une espèce forestière qui aime égallement fréquenter les zones de repousses d’arbres moins denses dont le sol était auparavant exploité par brûlis.

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