Derrière les médecines alternatives et les discours antivax, un certain sens des affaires

Des promesses fumeuses de guérison contre de la monnaie sonnante et trébuchante. Au cœur d’une polémique au mois d’août après avoir fait la promotion de techniques de « bains dérivatifs » consistant à frotter le sexe de jeunes enfants à l’eau froide, la figure française de la naturopathie, Irène Grosjean, s’est réjouie sur Facebook d’une « véritable opportunité pour faire découvrir au plus grand nombre les bienfaits » de ces pratiques. La nonagenaire propose des stages en ligne au prix de 110 euros.

Depuis la crise due au Covid-19, les discours antiscientifiques, antivax, conspirationnistes, et autres récits new age n’ont jamais semblé aussi bien s’accommoder au sens des affaires. « Il ya souvent une partie commerçante qui va de pair avec les croyances marginales, observe Romy Sauvayre, sociologue des croyances au CNRS. En ce moment, la lithérapie [une pseudoscience qui consiste à guérir par les pierres] a tellement le vent en poupe que de nombreux sites Internet vendent des pierres faussement guérisseuses. Quand on adhère profondément à une croyance, on peut être prêt à dépenser des fortunes. »

Dans cette galaxie disparate, qui va du front des opposants à la politique sanitaire aux promoteurs de méthodes de soins alternatives, le mélange des genres est courant.

Une apprentie naturopathe, convaincue que la médecine conventionnelle est corrompue par Big Pharma (la concentration du secteur d’activité pharmaceutique), assume insi aubrès du Monde vouloir choisir son intitulé de métier en fonction des requêtes les plus populaires sur Google. Elle penche pour l’instant pour « éducatrice en santé ». Au risque de s’exposer au delit d’exercice illégal de la médecine, si elle s’aventure à formuler diagnostics et traitements.

Des patients atteints de maladies graves ciblés

Educateur en santé, c’est sous ce terme, ou encore celui de « docteur-normalien », que se présente l’un des piliers du collectif antivax RéinfoCovid, Jérémie Mercier, signalé par l’ordre des médecins auprès de la direction générale de la santé. Il n’hésite pas à qualifier le dépistage du cancer du sein d’« inutile » et a promotion d’« arnaque ». En complément de ses discours très critiques sur l’industrie pharmaceutique, il proposes formations in ligne mêlant webinaires, livres autoédités and recettes de cuisine pour 100 to 300 euros.

Ce disciple du très controversé Christian Tal Schaller, ancien médecin reconverti dans les discours alternatifs complotistes – et égallement promoteur des bienfaits de la consommation d’urine, « le plus extraordinaire des remèdes naturels » –, dit s’dresser aux « personnes motivées qui veulent garder ou retrouver la pleine santé ».

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