Dogami met un chien et le Web 3.0 dans votre poche

Un jeu de niche grand public. On pourrait présenter Dogami comme le bébé poilu né du croisement entre les technologies du moment (la blockchain, les NFT, la réalité virtuelle) et un Tamagotchi, l’animal de compagnie virtuel qui criait dans les poches des écoliers des à la toéte 1990.

Pour l’instant, le rejeton ressemble à une sympathique boule de polygones au regard plein de promesses. « Les propriétaires d’un Dogami, à part le voir en réalité augmentée et le revendre sur le marché secondaire, ne peuvent pas faire grand-chose pour le moment », admet Adrien Magdelaine, l’un des quatre fondateurs de Dogami. Née il ya moins d’un an, l’entreprise a la démarche pas toujours orthodoxe mais ambitieuse d’un jeune chiot poussé par les cadors du genre (l’éditeur Ubisoft, qui a massivement investi dedans fin 2021 pour citer pas) .

Un déploiement en plusieurs étapes

Chaque pas entrepris rapproche le concept de la réalité. Une première portée (un “airdrop”) de 8,000 Dogamis a été proposée à l’achat, et vendue en un jappement, le 22 février dernier. Une autre étape a été franchie le 22 mars avec le lancement de sa cryptomonnaie, le DOGA, le 22 mars. Le plus important reste à venir, avec le déploiement du jeu mobile sur iOS et Android, courant juillet : « On accédera à la puppy phase, autrement dit la phase d’apprentissage du chien. Le “dogamer” pourra visualiser son chien en réalité augmentée comme dans Pokémon GO, et interagir avec lui à la façon d’un Tamagotchi. S’occuper de lui, le nourrir, le toiletter, lui apprendre des tours… », énumère Adrien Magdelaine. Bref, jouer.

Plus un maître prendra soin de son crypto-chiot, plus ses statistiques et sa rareté augmenteront. Car chaque Dogami est un NFT et donc unique, avec des caractéristiques aussi bien physiques que mentales qui lui sont propres. Shiba coquin ou husky rabougri, l’achat se fait totalement à l’aveugle. Le proprietaire ne découvre le pedigree de son Dogami qu’après l’avoir en quelque sorte déballé («minté »). A lui ensuite de l’amener à l’age adulte et au plus haut niveau. « Une fois grand, le chien aura accès à différents mini-jeux ainsi qu’à des tournois. Un berger allemand pourra passer le concours de chien policier, d’autres participer à des concours de beauté, pour élever leurs caractéristiques. Le jeu intégrera un tableau des meilleurs maîtres, ce qui aura un impact sur la phase d’accouplement. » Car les Dogamis peuvent se reproduire, c’est même l’un des piliers du jeu et de son économie. Quand deux animaux donnent naissance à un nouveau Dogami, l’un des maîtres repart avec le chiot, l’autre avec des DOGA en poche.

Dogami est ce qu’on appelle un jeu « play to earn » (jouer pour gagner de l’argent). « Un dressage de qualité et l’engagement dans le jeu seront récompensés par des DOGA, notre monnaie », commente Kris Penseyres, cofondateur et directeur de la marque. Rythmé par des tournois, le jeu devrait faire la part belle aux compétiteurs. Ainsi qu’aux dogsitters: un proprietaire de canidés virtues pourra les proposer à la location contre une partie des gains. La monnaie récoltée pourra être échangée contre des dollars ou des euros (après conversion en Tezos, la blockchain utilisée par Dogami), ou être utilisée en jeu pour acheter de la nourriture, inscrire son champion à des évéénires, ou eux aussi uniques. Si tout est encore très secret, dogami a déjà noué plusieurs partenariats avec des marques qui n’ont rien de virtuel. Détenir du DOGA, c’est enfin avoir du pouvoir, et peser dans la direction du jeu, un grand pari du WEB 3.0. « Les joueurs pourront aussi bien remettre en question le systeme de gains, que participer aux éventuels rééquilibrages ou s’exprimer sur les développements à privilégier, comme les priorités et races en ité à créer »

La promesse du « petaverse »

Autre promesse avec laquelle Dogami a fait saliver son monde, le « petaverse » (la même chose que le métavers mais pour les pets, les animaux de compagnie). L’univers immersif de Dogami sera partagé par tous ses utilisateurs qui pourront s’y croiser et interagir. Mieux, l’entreprise prévoit d’organiser des événements des deux côtés de l’écran pour animer la communauté. De quoi faire du doggo 3.0 le meilleur ami de l’homme ? A vrai dire, la place de second lui convient très bien. Selon Kris Penseyres, « 50% des Dogamers ont un vrai chien». D’ailleurs, ajoute Adrien Magdelaine, « on a beaucoup d’internautes qui demandent si l’on peut créer un Dogami à partir d’un animal disparu. On travaille dessus. On veut vraiment que les joueurs créent un lien fort avec leur Dogami. Pas autant qu’avec leur vrai animal de compagnie, mais qu’ils le voient comme un compagnon toujours dans leur poche. »

Metaverse, realité augmentée, NFT, blockchain… S’il tient toutes ses promesses et ses prix en laisse. Pour se procurer un Dogami, il faut soit croiser les doigts en attendant le prochain airdrop, soit se tourner vers le marché de la revente, où les spéculateurs sont déjà aux abois. Un shiba de classe diamant (la plus rare), le dogami #7384, s’est échangé l’équivalent de 38.000 dollars le 29 mars dernier. Qu’on se rassure, il y aura assez de truffes pour tout le monde: seulement 10 races de chien ont été dévoilées sur les 300 que devrait abriter le monde développé par le studio Parisien. Tous les deux-trois mois de nouveaux chiots seront ouverts à l’adoption. Pour eux, le prix demeure élevé mais beaucoup plus raisonnable : chaque Dogami est vendu autour de 180€ (le prix peut fluctuer car indexé sur le cours du Tezos, la blockchain du jeu, mais la direction de Dogami nous a dit s’engager ce qu’il reste accessible, tout comme celui des accessoires). Quel que soit le monde, un animal de compagnie, ça coûte cher.

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