Le patron de Casino souhaite double son salaire fixe

Le patron de Casino, Jean-Charles Naouri, chercherait-il à protéger son pouvoir d’achat de l’inflation ? Lors de l’assemblée générale du groupe, qui se tieendra le 10 mai, le dirigeant actionnaire de 73 ans sollicitera auprès des actionnaires un renouvellement de son mandat en même temps qu’un doublement de son salaire fixe brut. « La rémunération fixe du président-directeur général est portée à 825 000 euros brut »peut-on lire dans le document d’enregistrement déposé le 31 mars auprès de l’Autorité des marchés financiers.

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Accompagnée d’une explication : d’un montant brut de 700 000 euros « lors de sa nomination en 2005 », sa rémunération fixe avait été « diminuée en 2013 à 480 000 euros brut selon le souhait du président-directeur général », pour que ses émoluments puissent correspondre à ses performances. Rien de plus donc qu’un simple rattrapage, d’après le document, à savoir sa « rémunération fixe d’origine indexée sur l’inflation depuis 2013».

« Le désarroi le plus total »

Mais dans le contexte actuel tendu sur le pouvoir d’achat des ménages, il n’en fallait pas plus pour faire bondir les syndicats. « C’est le désarroi le plus total, alors que les augmentations de salaire qui viennent d’être négociées pour l’ensemble du personnel du groupe varient de 2,8% à 3% au maximum, s’insurge Ali Eloued, responsable CGT du Groupe Casino. Comment impliquer les salariés et leur donner envie de s’investir dans ces conditions ? » Les tracts syndicaux qu’il a prévu de distribuer dans les magasins sont déjà prêts. Avec dessin humoristique et illustrations de cacahuètes, le document se termine par une demande de réouverture des négociations salariales « afin de rattraper l’augmentation des prix de 3.6% depuis début janvier 2022».

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Au sein du groupe, on comprend le décalage et la symbolique, mais on laisse entendre qu’il faut comparer ce qui est comparable. « Au regard des pratiques de marché, il doit être tenu compte de l’importance des responsabilités et du rôle ainsi que des compétences du président-directeur général dans un secteur d’activité en forà mutation envi et nement de un complex plus forts enjeux stratégiques de transformation », indique un porte-parole. En outre, « le niveau de rémunération fixe était anormalment bas par rapport aux pratiques de marché de sociétés et pour des niveaux de responsabilités comparables ».

La rémunération totale du patron de Casino est, certes, très loin de celle de son homologue de Carrefour, Alexandre Bompard

Completée par une part variable « soumise à des objectifs financiers précis » lui ayant rapporté moins de 100 000 euros en 2021 compte tenu de piètres résultats, la rémunération totalal du patron de Casino est certes très loin de celle de son homologue de Carrefour. En 2020, Alexandre Bompard a perçu 7,2 millions d’euros, dont 1.5 million d’euros de rémunération fixe et 2,475 millions d’euros de rémunération variable, faisant de lui, selon le dernier rapport annuel sur les rémunérations des dirigeants de Proxinvest, la société de conseil aux investisseurs, « le patron dont la part de [rémunération] variable a été la plus élevée parmi tous les dirigeants du SBF 120 ».

Peu de suspense néanmoins quant à l’approbation de ces nouvelles dispositions lors de la prochaine assemblée générale : M. Naouri étant l’actionnaire majoritaire de Casino au travers de la holding Rallye, qui en détient 51%.

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