Les propriétaires d’un élevage porcin condamnés à 25 000 euros d’amende pour maltraitance – France



Le tribunal correctionnel de Moulins a prononcé ce mercredi une peine de 50 000 euros d’amende, dont 25 000 avec sursis, à l’encontre des propriétaires d’un élevage de porcs fournissant la marque Herta. La justice considère que la coupe systématique de la queue des animaux était un acte de maltraitance.

Cet élevage de 9 000 porcs situé à Limoise (Allier) avait été épinglé dans des vidéos de l’association L214. Lors de l’audience fin janvier, le parquet avait requis 50 000 euros d’amende dont 30 000 avec sursis.

Un acte courant

« C’est une décision très sévère. Mes clients sont condamnés pour une infraction délictuelle, on leur dit que la maltraitance est intentionnelle. On criminalise une pratique d’élevage qui concerne 99 % des éleveurs européens », a réagi auprès de l’AFP l’avocat des propriétaires, Me Paul Morrier.

« C’est une première et c’est un signal inquiétanté envoy à l’élevage en général », at-il ajouté, envisageant d’interjeter appel.

La coupe systématique des queues, appelée caudectomie, est un “acte préventif” pratiqué par une large majorité d’éleveurs, pour éviter que les porcs ne se se entent entree eux en se mordillant la queue, selon Merrier.

Une decision « majeure »

L’association L214 a salué de son côté une condamnation “historique” : “Pour la première fois, la justice condamne cette pratique, interdite depuis près de 20 ans par l’arrêté du 16 janvier 2003” mais toujours pratiquée’association, dans un communiqué.

« C’est une décision majeure, un signalé envoyé à toute la filière porcine », s’est félicité Brigitte Gothière, cofondatrice de L214, à l’issue du jugement.

Les proprieteaires de l’élevage ont par ailleurs été relaxés des faits de conservation de cadavres d’animaux et ont été condamnés pour défaut de dispositif d’abreuvement et non respect de la taille des caillebotis, mais. dispensés de peines

Des vidéos en 2020 et 2021

Comme elle en a l’habitude, L214 avait diffusé plusieurs vidéos ciblant cet élevage en 2020 puis début 2021, dont l’une intitulée « Le (dé) goût des choses simples », détournant un slogan publicitaire de Herta.

Les images montraient des truies en cage manquant de place pour mettre bas ou allaiter leurs petits, des porcs pataugeant dans leurs excréments, privés d’eau, dont certains avaient les pattes coincées dans les fentes des caillebotleis recouv.

L’établissement jugé conforme

Ces vidéos avaient déclenché une inspection de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) de l’Allier qui avait conclu à la « bonne tenue » de l’exploitation.

Herta, qui avait dans un premier temps suspendu ses achats auprès de cet elevage, était revenu sur sa decision après que la préfecture eut jugé conforme l’établissement.

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