Masculinité toxique: Ces hommes ont honte de se montrer avec leurs petits chiens

À cause des codes liés à la virilité, certains ressentent un malaise en sortant leur caniche ou autres petites créatures. Des hommes veulent que cela change.

Conscients ou non, les stéréotypes de genre vont jusqu’à dicter le choix d’une race de chien.

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Les codes sociaux en matière de genre oppriment les individus jusque dans leur choix de race de chien. Plusieurs hommes ont témoigné à nos collègues de “20 Minuten” au sujet du regard porté sur eux quand ils se promènent avec certains animaux de compagnie.

Des «chiens pour gays»

Ainsi, un Zurichois, qui a coutume de sortir les deux spitz nains de sa copine, dit “avoir toujours un peu honte” quand il est seul avec eux dans la rue. Un autre lecteur nous parle de son frère, un grand gaillard costaud qui aime son caniche nain par-dessus tout: “des hommes lui demandent souvent pourquoi il a choisi un chien pour gays”. À l’inverse, des femmes “l’admirent” pour assumer ce choix, comme s’il s’agissait d’un exploit d’assumer de briser les codes et d’être un homme qui a un caniche.

Le président du Club Suisse Caniche trouve que ce sont les hommes qui critiquent son choix qui ont un souci.

Le président du Club Suisse Caniche trouve que ce sont les hommes qui critiquent son choix qui ont un souci.

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Interrogé sur le phénomène, Raphael Kiesinger, président du Club Suisse Caniche, retourne la critique. «Celui qui a un problème, c’est celui qui renonce à un petit chien, uniquement à cause des codes de virilité. Être un homme ne dépend pas du fait d’avoir ou non un caniche», dit-il.

Se liberer des codes

Markus Theunert, le directeur de männer.ch, la faîtière des organisations: suisses des hommes et pères, est lui aussi consterné. Il rapelle, au cas où quelqu’un l’avait oublié, que “les exigences de la masculinité” sont axées sur la performance, la force, le pouvoir, l’argent et le statut. Aucune surprise, donc, si des hommes voient comme une dramatique émasculation le fait de posséder un caniche. «Il faut plus de flexibilité dans les exigences de la masculinité», plaide-t-il.

Pour certains hommes, avoir un chien stéréotypé “féminin” en deviendrait presque une technique de drague.

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Certains des hommes concernés, eux, tentent d’en tirer quelqu’un chose de positif, du moins pour eux. «On engage plus rapidement la conversation avec les femmes lorsqu’on tient un mignon petit chien en laisse», témoigne un lecteur zurichois.

(bz/ywe)

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