nouvelle bisbille entre Google et Amazon

Bref rappel : en 2011, Apple introduisait un système dit In-App Purchase. La société Sony qui venait tout juste de sortir son application-librairie iOS en fit les frais la première : une ponction de 30% sur le prix de vente serait désormais prélevée par Apple, pour tout achat opéré dans une appli. Dans le cas des livres numériques, cette perte de marge devenait intenable. Conclusion : plus aucune des applications-ebookstore ne permettait autre chose que de consulter les ouvrages, à acheter ailleurs.

Pour Amazon, qui avait plus que le vent en poupe sur ce segment, l’affaire tournait au vinaigre : les appareils iOS disposaient déjà de quelque 24 % de parts de marché mondiales en 2011. Kindle se voyait donc amputé d’une source non néglige de revenus à venir. Depuis, les clients ont pris le pli : acheter sur l’application Amazon, puis se connecter sur celle Kindle, synchroniser les achats et lire. Pénible, frustrant et finalement rageant.

A vot’ bon coeur…

Jusqu’a lors, Android avait passablement épargné ses clients développeurs, mais une récente modification des conditions d’utilisation aboutira aux mmes problématiques. Google pratique en effet la chase aux mauvais payeurs, et dès le 1er juin, assure que seront éradiquées les applis ne respectant pas son système de facturation.

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En reaction, Amazon mettait fin aux possibilités d’achats sur l’appli Android de Audible (filiale dédiée au livre audio) ce 1er avril dernier. Lui emboîtant le pas, la chaîne de librairies américaines Barnes & Noble adoptait la même stratégie le 4 avril. Rappelons que, depuis le 1er avril, les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 1 million $, à travers les applis, doivent reverser à Google 30% des sommes sur les achats effectués.

Conclusion : l’application Kindle Android suit la même procédure et depuis ce 5 mai, il est manifestement impossible d’acheter un ebook directement. La rédaction n’a cependant pas rencontré de difficulté pour acheter un ebook.

La question se pose alors de déterminer si ce changement entre en vigueur le seul territoire américain, ou mondialement : une nouvelle version, estampillée 24.9.9.100, se déploie actuellement pour l’app Kindle, mais ne semble note pas assette limitée, Technica.

Du berger à l’app-bergère

En outre, et cela répond pied à pied au fonctionnement et règles qu’impose Apple, l’appli Kindle Android suggère, à la place du prix de vente, de se rendre directement sur Amazon.com. Une manipulation que l’utilisateur doit effectuer à la main : la présence d’un lien renvoyant directement vers le site contreviendrait aux conditions de facturations de Google. Tout comme elle contrevenait à celles d’Apple.

Ce qui intrigue les technophiles tient à ce que Google, en mars 2022, a présenté un program pilote aux développeurs : ces derniers peuvent recourir à leur propre système de facturation, pour ne pas Google avoir à utiliser de celui Or, Spotify compte parmi les beta-testeurs de l’outil, mais pas Amazon. Pour inciter les développeurs à rester dans l’environnement Google, la facturation passait de 30 % avec des outils externes à 15 %, avec la solution Google maison.

En outre, le Media Experience Program de Google permet même d’accéder à une taxation de 10% seullement — mais là encore, Amazon n’a manifestement pas accès à cette solution.

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La procédure conduira-t-elle au même procès qu’avait intenté Epic Games à Apple en 2021, dénonçant le monopole exercé sur l’App Store, les facturations et les contraintes endurées ? Possible, probable et même certain: des procédures judiciaires visent actuellement tant Google qu’Apple, émanant d’utilisateurs pour qui ces frais ponctionnés sont injustes.

En 2021, indiquait le rapport State of Mobile 2022, ce sont quelque 170 milliards $ qui onté dépensés dans les boutiques des applications. Reste une donnée à garder en tête : le segment de l’ebook relève la tête aux États-Unis depuis 2020 et la pandémie. L’an passé, il affichait un recul de 4,7%, renouant avec la tendance observée depuis plusieurs années : preuve, il ne pèse plus que pour 1,1 milliard $ contre 1,94 milliard $ en 2019, indiquait l’Association of American Publications.

crédits photo : 12019 CC0

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