Pyrénées-Orientales – Ces Zones de Sensibilité Majeure pour protéger le Gypaète barbu

Plusieurs couples reproducteurs sont recensés dans les Pyrénées-Orientales. Le dérangement anthropique est une des causes principales d’échec de la reproduction. Un travail de concertation est mené depuis plus de nombreuses années avec les partenaires pour diminuer l’impact des activités humaines, notamment en déterminant des Zones de Sensibilité Majeure (ZSM) Gypaète barbu.

Le Gypaète barbu est une espèce très sensible aux dérangements humains. Dans le département, sept couples ont été recensés. Actuellement en pleine nidification, quatre d’entre eux pourraient amener un jeune à l’envol. Dès lors que l’aire de reproduction est détectée, chaque couple fait l’objet de mesure de protection.

Une zone tampon et une zone cœur

Quand un couple de Gypaètes ou une autre espèce à fort enjeu est détecté, c’est en général l’opérateur du site, association ou Réserve Naturelle qui en fonction de la connaissance du site, détermine une Zone de Sensibilité Majeure (ZSM)explique Olivier Guardiole, technicien de la Réserve Naturelle Nationale de Prats-de-Mollo-la-Preste, chargé de mission “grands rapaces” à la Fédération des Réserves Naturelles Catalanes, “deux zones sont alors délimitées : la zone tampon de 1000 m autour du nid et une zone cœur de 600 mètres.

Gypaète barbu au nid avec son poussin (photo d’archives)

La zone tampon exclut toute activité aéronautique (hélicoptère, survol drone, parapente…). Dans la zone cœur, suivant les sites, les activités telles que la chasse, travaux, escalade, spéléo, sont réglementées. “Les informations sur la nidification seront transmises au proprietaire, puis à l’aviation civile, l’armée, secours en montagne (PGHM66-CRS58) et les fédérations comme le Club Alpin Français qui ont signé des conventions.”

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Aigle royal au nid (photo d'archives)

Aigle royal au nid (photo d’archives)

Un travail de concertation

Les protocols d’accord existent depuis 2003 suite à la première nidification du Gypaète dans les Gorges de la Carança et en 2005 avec le Percnoptère nicheur sur Villefranche-de-Conflent. Depuis cette date, chaque année, une ou parfois plusieurs Zones de Sensibilité Majeure sont établies pour chaque couple. Dans le cas de plusieurs ZMS pour un seul couple, “on maintient uniquement la ZMS active, quand le couple est fixé et une ponte observée. L’autre ZMS est désactivée et cela permet aux activités, comme l’escalade, de reprendre.précise encore Olivier Guardiole.

La ZMS est en revanche immédiatement désactivée en cas d’échec de la reproduction ou à l’envol du jeune. Le travail de concertation porte ses fruits, chaque année, plusieurs jeunes s’envolent dans le ciel des Pyrénées-Orientales.

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