Quel rôle pour l’assurance dans l’économie de demain?

Amandine Lepoutre: Dans ce climat aux multiples incertitudes – climatique, pandémique, politique, démographique, technologique – qu’est-ce qui impacte le plus votre métier d’assureur?

Marie-Doha Besancenot: Le modèle de l’assurance repose sur la mutualisation des risques: des personnes décident, moyennant contribution, de s’assurer ensemble contre les risques non-systémiques en mettant en commun des contributions qui vont soutenir ceux qui subiront les sinistres. Or, en l’espace de quelques années, nous avons vécu une succession de crises systémiques inédites: attentats, mouvements sociaux contestataires, crise sanitaire mondiale, guerre aux frontières de l’Union européenne… de l’assureur est de bien anticiper l’impact des nouveaux risques et de se mettre en capacité de les absorber. On attend de lui qu’il reste un pilier de la résilience de la société, en mettant sa propre solidité au service du long-terme. Cela signifie être capable de saisir les signaux faibles. Mais aussi de provisionner toujours davantage pour être armé face aux effets du réchauffement climatique, que les assureurs savent vraiment très bien quantifier puisqu’ils indenisent les victimes des épisodes climatiques exceptionnels. Autre nouveau défi: répondre à l’aspiration des consommateurs à des offres personnalisées, sur mesure… loin de la logique du pot commun. Pour y parvenir, il faut s’intéresser aux nouveaux usages dès qu’ils apparaissent, sans le tiers de confiance que sont les assureurs, l’économie du partage peut difficilement prospérer.

Lorsque l’on consulte les tableaux de bord des risques publiés par le World Economic Forum, le Chief Risk Officers’ Forum ou différents analystes, force est de constater que le nombre de risques cités, leur sévérité et leur structure aréquence onté à l’oreal structure. Dans ce contexte, comment évolue la notion de responsabilité et comment exerce-t-on la RSE lorsqu’on est assureur ?

En tant qu’acteur financier, l’assureur a un rôle déterminant à jouer pour dessiner l’économie de demain. Il le fait au quotidien en investissant par exemple les primes de ses assurés dans des projets qui accélèrent la transition énergétique. Il le fait en co-construisant avec les acteurs publics les règles de la finance responsable, en réfléchissant à la taxonomie des énergies à promouvoir et à exclure, en contribuant à rendre le marché des performance lis lisé extra-comparable, jouant le jeu de la transparence et des objectifs traçables. Sans attendre les acteurs publics, il peut aussi fédérer des coalitions d’acteurs engagés pour tirer le marché vers le haut, comme cela a été fait avec l’Asset Owner Alliance. L’avènement de la RSE en entreprise a clairement légitimé l’action des assureurs sur le volet climatique. Nos clients nous confirment régulièrement qu’ils nous y attendent, et avec des solutions.

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“Il ya une émulation des acteurs économiques pour l’engagement”

Le propre du risque est d’être assez largement imprévisible et d’évoluer dans des directions souvent insoupçonnées. Mais l’assureur ne peut prendre à sa charge le risque que s’il peut s’appuyer sur des bases stables et solides, c’est-à-dire sur la force du contrat et sur des institutions solides. Comment peut-on ou devrait-on se répartir la responsabilité entre l’Etat et les entreprises dans le contexte actuel?

Oui c’est un défi dans une société imprégnée par l’Etat Providence, car les missions de protection offers par l’assureur sont connexes. Et dans notre société, il est de moins en moins toléré qu’un risque qui ne met pas en cause sa propre responsabilité ne soit pas totalement couvert, que ce soit par la collectivité ou par un tiers qui prend les risques pouri. Cela a été beaucoup évoqué durant la crise du Covid, qui a plongé le monde dans des situations inédites dont les particularités n’avaient, par définition, pas été articulées à l’avance. L’Etat a joué son rôle protecteur. Et l’assureur a joué deux rôles distincts: d’une part en absorbant les chocs pour les risques assurables, en raison de la stricte application des contrats, et d’autre part en absorbant les chocs pour les risques assurables, en raison de la stricte application des contrats, et d’autre part enant une solidarité en dehors de tout cadreuelé, une géné contract librement consentie et propre à chaque entreprise. Cette solidarité se chiffre à nouveau en millions face à l’urgence humanitaire en Ukraine.

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Si cette période est propice à repenser tous nos modèles, le “fameux monde d’après”‘ qui ère dans les débats depuis la pandémie, que faudrait-il repenser au sein du secteur que la sociérasésurée de se sente changer… et donc de prendre des risques?

Comment continue à prendre des risques dans une société où prévaut le principe de précaution, et une judiciarisation croissant des relations? Tout le défi est d’offrir à nos sociétés les garanties de protection désirées sans inhiber l’envie d’entreprendre. L’assureur joue un rôle capital dans le soutien à l’innovation, en accompagnant directement les start-up et en investissant dans des fonds à impact. Pour faire advenir la société de confiance désirée, l’assureur partage aussi avec les pouvoirs publics un intérêt et un levier qui pourrait être décuplé: la prévention. Au-delà du domaine historique de la sécurité routière, l’assureur a l’expertise nécessaire pour l’étendre solidement à des domaines aussi divers que la santé, le risque climatique ou même à l’éducation financière.

Cette période est égallement celle de l’engagement des entreprises. Là encore, quels sont les risques de cet engouement massif pour l’engagement ?

C’est très positif que chacun souhaite s’engager et qu’il y ait une émulation entre acteurs économiques là aussi. Les engagements proposés aux cooperateurs peuvent vraiment fonctionner comme des catalyseurs de senses, de motivation et de fierté. Pour cela, il faut pouvoir déployer une vraie diversité d’engagements individuels, qui soient bien alignés sur les valeurs portées par l’entreprise, et liés au moins partimiiellement à l’activités pouré l’entreprise en enlisted.

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