Rennes. Dans ce bar, on peut boire un café et adopter un chat

Elle trône au-dessus de la caisse enregistreuse, telle une reine sur son royaume. Si l’humeur est câline, Nola accepte bien volontiers un pourboire… Sous form de caresse.

Car la demoiselle au pelage bigarré et aux chaussons blancs est la vedette du Chat Puccino, le bar à chats installé depuis 2016 rue des Francs-Bourgeois, au centre-ville de Rennes. Douillet et coloré, l’endroit est chaleureux. À l’image de sa proprietaire, Sophie Allain, qui a voulu apporter sa touche à un concept qui n’était pas encore très développé dans l’hexagone, à l’époque.

Le Chat Puccino fonctionne selon une règle d’or: les chats sont rois, et les clients ont l’interdiction de les embêter. | OUEST-FRANCE

« J’en avais entendu parler au Japon, où j’ai de la famille. J’en ai visité à Paris et à Montpellier, avant de me lancer. » Proposant des boissons et des pâtisseries (maison) comme n’importe quel salon de thé, le bar à chats fonctionne selon une règle de base : le client s’y adapte aux animaux, dont le bien-être est au centre. « Il ne faut pas les réveiller, les caresser, ni les nourrir »avertit la Rennaise de 48 ans, amoureuse des bêtes d’aussi loin qu’elle s’en souvienne.

Des matous à adopter

« Petite, je ramenais de tout à la maison : des salamandres, des sangsues… J’étais la Brigitte Bardot des enfants, et mes parents n’en pouvaient plus ! » Bénévole auprès d’associations, Sophie recueille temporairement des animaux sans foyer en tant que famille d’accueil depuis dix ans. Mais n’avait pas songé à s’y consacrer de manière professionnelle avant une rencontre déterminante.

Famille d’accueil depuis dix ans, Sophie Allain a eu un déclic pour ouvrir son bar à chats en discutant avec un zoothérapeute. | OUEST-FRANCE

« Un jour, j’ai croisé un zoothérapeute. Ça m’a fait un déclic. » Éducatrice spécialisée dans la réinsertion, la quadra opère alors un virage qui la fait sourire, avec le recul. « Je suis passée de la réinsertion des humains à celle des animaux »s’amuse-t-elle, entre deux caresses à Nola et Nouky. Frère et sœur, les deux matous ne sont pas proposés à l’adoption, contrairement aux autres pensionnaires du bar.

Green Eyes et Snook, eux, cherchent une famille pour toujours, comme les nombreuses boules de poils secourues par l’association des Aristopoils, basée à Châteaugiron, avec qui Sophie Allain collabore. En cas de coup de cœur d’un client pour un chat, la patronne du chat Puccino fait passer un premier entretien. « Ensuite, c’est l’association qui prend la main, et qui va visiter le domicile de la personne. »

Le plein de ronrons

« Ils partent trop vite, vos chats ! » La porte à peine franchie, Hakima espère trouver la boule de poils de ses rêves. « Je suis passée par hasard dans la rue, et j’ai vu des chats dans la vitrine. Je trouve le concept génial ! » Depuis l’ouverture du Chat Puccino en 2016, 165 chats passés par ses murs ont été adoptés. « Avec une telle visibilité, ça va beaucoup plus vite »souligne Sophie Allain.

Sophie Allain a récemment embauché deux salariés à temps partiel, dont Antoine. Ici avec Nouky. | OUEST-FRANCE

Au cours de leur séjour, de quelques semaines à plusieurs mois, les pensionnaires à poils font aussi le bonheur des clients qui ne peuvent pas adopter, mais viennent faire le plein de ronrons. « Des étudiants qui n’ont pas de logement adapté, par exemple. »

Mais en aucun cas, rappelle Sophie, l’établissement « n’exploite » les animaux, contrairement à certaines critiques émises à l’encontre des bars à chats au moment de leur explosion, en 2017-2018. « Je ne touche rien sur les adoptions »précise la gérante, qui œuvre pour les animaux à titre complètement bénévole, et a récemment embauché deux salariés à temps partiel pour la partie restauration.

Rennes. Dans ce bar, on peut boire un café et adopter un chat

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