Tout comprendre à Kuiper, le projet de mise en orbite de milliers de satellites dans l’espace

La société de vente en ligne Amazon an officialisé mardi matin « la signature d’accords avec Arianespace, Blue Origin et United Launch Alliance (ULA) pour la fourniture de services de lancement » de ses satellites. De quoi parle-t-on ? Comment ça va se passer ? Est-ce que c’est une bonne nouvelle ? 20 Minutes vous explique tout.

Quel est le projet d’Amazon ?

Amazon ambitionne de mettre en orbite basse une constellation de satellites. Le projet Kuiper prévoit l’envoi de 3.236 satellites en tout et ce, afin de fournir un internet haut debit, notamment dans des zones où la connexion est limitée voire inexistante.

Le mastodonte de la vente en ligne n’est pas le seul à ambitionner une conquête de l’espace : le projet Kuiper est en concurrence directe avec Starlink de SpaceX qui prévoit l’envoi de 42.000 minisatellites ou encore Oneux Web moins ambitie objectif de 648. Le marché de la fin des zones blanches attire de nombreux acteurs, dont beaucoup sont novices en matière d’espace

Comment ça va se passer ?

Les lancements se répartissent entre trois entreprises : Blue Origin, fondée by Jeff Bezos (comme Amazon) s’est vu attribuer 37 lancements, dont 15 en option pour son lanceur géant New Glenn, la co-entreprise de Boeing et ockheed Martin ULA 38 et l’européenne Arianespace 18.

Ces lancements seront effectués par Ariane 6, le lanceur qui doit remplacer Ariane 5 cette année. Les montants, qu’on imagine faramineux, de ces contrats n’ont pas été divulgués, toutefois Amazon avait affirmé avoir déjà investi « plus de dix milliards de dollars » dans ce projet. D’après le président exécutif d’Arianespace, Stéphane Israël, l’entreprise européenne effectuera six lancements par an pendant trois ans. Chaque Ariane 6 emportera dans l’espace entre 35 et 40 satellites du projet Kuiper.

En commandant ses lancements à trois entreprises différentes, Jeff Bezos espère rattraper le projet rival Starlink, dont les satellites ont commencé leurs lancements avec la fusée Falcon 9 il ya près de trois ans. En plus, Amazon travaille sur un calendrier serré. Pour garder la license accordée par la FCC (commission fédérale des communications américaine), le projet Kuiper doit déployer la moitié des satellites prévus avant 2026, et l’autre avant 2029.

Quelles ont été les reactions ?

Pour Arianespace, la signature de ces contrats est un cadeau tombé du ciel. Le contrat de 18 lancements de satellites d’Amazon par Ariane 6 est une « très bonne nouvelle » affirme le président de l’agence spatiale française (Cnes ), Philippe Baptiste: « C’est une très bonne nouvelle pour l’Europe du spatial , qui montre que les bons choix ont été faits. On a un lanceur qui va faire son premier vol dans pas longtemps et qui est compétitif sur le marché, pour moi c’est le début du grand retour de l’Europe du spatial sur les lanceurs. » Le contrat triple presque le carnet de commandes d’Ariane 6, qui était jusqu’ici de 11 tirs. C’est « une opportunité exceptionnelle pour Ariane 6 », s’enthousiasme son président Stéphane Israël.

C’est d’autant plus positif que la guerre en Ukraine a mis en difficulté le Center spatial guyanais. En réponse aux sanctions européennes imposées à la Russie après l’invasion de l’Ukraine, Moscou a suspendu les lancements de son lanceur Soyouz​ depuis la Guyane, privant le territoire d’importantes retombées économiques. Cette course à l’espace inquiète toutefois toujours de nombreux observateurs, notamment les chercheurs.

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