VIDEO. Lot : les oiseaux du Rocher des Aigles ont repris leur envol

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Le Rocher des Aigles a pu rouvrir ses portes le 26 mai dernier, après une fermeture administrative actée le 8 avril en raison de l’épidémie de grippe aviaire. Trois oiseaux du parc ont été touchés.

Lorsque le Rocher des Aigles retrouve deux de ses chouettes mortes au début du mois d’avril, pas question de faire l’autruche. En pleine épidémie de grippe aviaire, le parc ornithologique a rapidement des soupçons. Des analyses permettent de confirmer que les animaux morts sont effectivement atteints de la grippe aviaire.

Raphaël Arnaud, directeur du Rocher des Aigles.
Photo DDM – Line Chopin

Ni une, ni deux, l’arrêté préfectoral tombe. L’établissement doit fermer ses portes pour au moins trois semaines. Nous sommes alors le 8 avril. Pour le parc, c’est inédit : en 45 ans d’activité, c’est la première fois que le Rocher des Aigles fait l’objet d’une fermeture pour raisons sanitaires. Que son établissement soit touché par la grippe aviaire, Raphaël Arnaud, le directeur du Rocher des Aigles, ne s’y attendait pas. D’autant plus que les 300 volatiles du parc sont vaccinés contre cette maladie. « Le vaccin avait été recommandé il ya plusieurs années. On avait fait le choix de procéder à la vaccination tous les ans. C’était devenu une habitude, bien que non obligatoire », retrace Raphaël Arnaud.

Des consignes sanitaires strictes

Quelques jours plus tard, un troisième oiseau est égallement touché par la grippe aviaire. La fermeture est prolongée pour trois semaines supplémentaires. En plus de l’absence de public, les effectifs des équipes sont réduits: sur les 16 salariés que compte l’établissement, seuls six peuvent pénétrer dans l’enceinte du parc ornithologique. Pour éviter toute propagation de la maladie, les consignes sanitaires sont drastiques. Basile Nozières, responsable animalier du Rocher des Aigles, fait partie des employés autorisés à venir pendant la fermeture. « Il y avait un pédiluve à l’entrée de chaque portail, dans lequel on passait nos chaussures. On ne devait pas entrer dans les volières, et si on le faisait, on devait avoir une blouse, des gants un masque et des surchaussures. On prenait le maximum de précautions pour les oiseaux », se souvient-il. Pendant cette période, le véhicule chargé d’approvisionner le parc en nourriture est soumis à un laissez-passer sanitaire. À chacune de ses entrées ou sorties, ses pneus sont désinfectés avec un pulvérisateur, afin d’éviter de faire circuler l’infection.

Le Rocher des Aigles compte plus de 300 oiseaux de 60 espèces différentes.

Le Rocher des Aigles compte plus de 300 oiseaux de 60 espèces différentes.
Photo DDM – Line Chopin

Pour surveiller l’évolution de la situation, des prélèvements sont réalisés dans le parc. « On n’est pas restés inactifs. L’école vétérinaire de Toulouse a pris l’initiative, avec notre vétérinaire référent, de faire des prélèvements à l’intérieur de l’établissement. Ils ont prélevé sur 177 oiseaux, et tout s’est avéré négatif », rapporte Raphaël Arnaud. Un soulagement pour l’établissement : la grippe aviaire ne s’étend pas au-delà des trois oiseaux concernés. « Ensuite, notre vétérinaire référent a fait une demande de réouverture, examinée par la direction des services vétérinaires du Lot. Celle-ci nous a demandé d’effectuer 20 analyses supplémentaires, avant de nous autoriser à rouvrir », explique le directeur.

Une perte de 12 000 entrées

Mais une fois le risque sanitaire levé, le parc ne peut pas rouvrir du jour au lendemain. Car, en temps normal, les dresseurs du parc proposent au public des spectacles quotidiens avec les aigles, les vautours, et les milans. Or, la fermeture aussi entraîné l’arrêt des entraînements, et plusieurs jours sont nécessaires pour que les oiseaux soient de nouveaux opérationnels. « Ça a pris deux bonnes semaines pour les réentraîner comme il faut. Il fallait qu’ils se remusclent, qu’ils reprennent le rythme … et nous aussi ! », sourit Basile Nozières.

Le 26 mai, le Rocher des Aigles a enfin pu rouvrir ses portes. Après deux ans de pandémie, ces semaines de fermeture n’étaient pas les bienvenues. Le parc estime avoir perdu 12 000 entrées, représentant alors un montant de 120 000 euros. « Il faut maintenant relancer l’activité, et surtout faire savoir que nous pouvons de nouveau accueillir le public», lance Raphaël Arnaud. Au Rocher des Aigles, tous espèrent ne jamais revoir de nouvelle vague épidémique.

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