voici le pire scénario envisagé par RTE pour cet hiver en France

Thomas Veyrenc, director exécutif de RTE, était l’invité de Good Morning Business. Il a notamment évoqué le pire scénario potentiel pour cet hiver, “improbable” mais tout de même anticipé par le gestionnaire du réseau.

Un hiter sans coupure? Pas si sûr. Thomas Veyrenc, director exécutif de RTE, était l’invité de Good Morning Business ce jeudi 15 septembre. Il est tout d’abord revenu sur les trois principaux facteurs qui expliquent la crise énergétique actuelle, avec pour conséquence des risques de coupure cet hiver.

“On est dans une crise énergétique avec trois grands paramètres. Il ya tout d’abord la crise gazière, une crise européenne et antérieure à l’invasion de l’Ukraine: on était déjà de à Noprix de Noprix” du gaz. C’est important parce que beaucoup de pays européens produisent de l’électricité à partir de gaz et c’est important aussi pour tous les consommateurs de gaz.”

A cette crise gazière s’ajoute un contexte aussi particulier sur le nucléaire et l’hydraulique.

“Il ya une deuxième tranche: une crise de production nucléaire. Aujourd’hui, le parc fonctionne à mi-puissance. C’est normal qu’il y ait des réacteurs à l’arrêt, de l’été à l’automne, c’est inhabituel qu’il y en ait autant. Donc la question c’est pour l’hiver quelle sera la production nucléaire? multiples répercussions, y compris sur la production d’électricité hydraulique, notre deuxième source de production d’électricité. est accru.”

La veille, et face à une situation “dégradée”, RTE an exceptionnellement avancé la période de “vigilance” qui commencera dès l’automne et portera notamment sur les mois de novembre et décembre. Le gestionnaire semble ainsi plus prudent qu’EDF, qui promet de redémarrer les réacteurs nucléaires à l’arrêt cet hiver. Face aux appels aux économies d’énergie, il faudra dans certains cas aller plus loin. Pour Thomas Veyrenc, il ya “trois grands paramètres” à prendre en compte pour anticiper la situation à l’hiver prochain.

“Le parc nucléaire, où est-ce qu’on en sera? Nous on a fait nos analyses, on est prudent (plus qu’EDF, NDLR), mais si jamais on arrive à tout remettre en service forcément la situation sera plus facile .”

Autre paramètre: les échanges d’électricité en Europe, “probablement la chose la plus discriminante”:

“Plus le système des échanges et le droit communautaire fonctionnent, plus on est solidaires les uns avec les autres en gaz et en électricité, mieux ce sera.”

Dernier point: la consommation.

“La consommation, on a été prudents, on a considéré qu’elle était comme aujourd’hui. Du fait du plan de sobriété ou de l’augmentation des prix, ça pourrait la faire baisser.”

Tout dépendra en réalité de la rigueur de l’hiver, résume Thomas Veyrenc:

“Si l’hiver est doux, vous n’entendrez pas parler de RTE. (…) Si on est dans une situation médiane, le nombre de jours où on demanderait des actions spécifiques, il sera compris entre 0 et 5. Là où on demandera des diminutions volontaires de la consommation, en premier aux entreprises avec lesquelles on signe actuellement des partenariats.”

Et les scénarios du pire? Les “situations les plus improbables” sont bien anticipées par RTE:

“Dans le pire des cas, qui confronte une hypothèse brutale sur les échanges européens (…), à laquelle s’ajouterait un hiver très froid, qu’on n’a pas connu de depuis plus de 10 ans, on pourrait aller jusqu’à une trentaine de jours qui sont signalés. C’est le scénario du pire, il est vraiment très improbable, mais il existe.”

Le black-out, “la perte de maîtrise complète du système”, est en revanche exclu par RTE.

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